La déduction des intérêts d’emprunt ne concerne que les revenus fonciers, même lorsque l’on investit avec le dispositif Pinel. Les propriétaires profitent d’une réduction d’impôt, mais ils doivent tout de même déclarer et payer l’impôt sur les loyers perçus, une fois certaines charges bien définies retranchées.
Dans la liste des charges acceptées figurent les frais de gestion, les primes d’assurance ou encore les montants liés aux réparations. À l’inverse, des dépenses comme les travaux d’agrandissement restent hors-jeu. L’administration fiscale ne laisse rien passer : la nature et le montant des charges sont scrutés de près. Une déclaration imprécise peut amener des redressements ou faire tomber l’avantage fiscal.
Comprendre la fiscalité des loyers en loi Pinel : ce qu’il faut savoir
Le dispositif Pinel offre une réduction d’impôt calculée selon la durée d’engagement locatif. Les taux appliqués aujourd’hui évoluent en fonction de cette durée :
- 12 % pour 6 ans
- 18 % pour 9 ans
- 21 % pour 12 ans
Attention, ces avantages diminuent depuis 2023, sauf si le logement relève du Pinel+ et respecte des normes élevées en matière d’habitat et d’environnement.
Le Pinel impose une discipline en béton. Seuls les logements neufs ou totalement rénovés situés dans des zones tendues (A, A bis, B1) ouvrent droit à cette fiscalité. La location doit être nue, occupée à titre de résidence principale et effective dans les douze mois. D’autres impératifs ne souffrent aucune entorse : plafonds de loyers stricts, vérification des ressources du locataire, tout change chaque année selon la zone géographique.
- Plafond d’investissement limité à 300 000 € par an et 5 500 €/m²
- Engagement locatif possible sur 6, 9 ou 12 ans
- Exigence des normes énergétiques RT2012 ou RE2020
Le non-respect d’une seule de ces conditions peut entraîner la perte immédiate de la réduction d’impôt. En choisissant le Pinel+, il faudra répondre à une exigence supplémentaire : que le logement soit situé dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) ou soit exemplaire sur le plan environnemental.
D’autres dispositifs voisinent avec le Pinel. Le Denormandie propose une réduction d’impôt comparable, cette fois sur l’ancien rénové dans des villes précises. Le compte à rebours est lancé pour le Pinel classique, qui s’arrête au 31 décembre 2024. Seuls resteront ouverts le Pinel+ et le Denormandie pour les prochains investissements dans le neuf ou l’ancien rénové.
Quelles charges sont réellement déductibles avec le dispositif Pinel ?
Le dispositif Pinel autorise à retrancher certaines charges des revenus fonciers, à condition de bien choisir son régime fiscal. Deux options se présentent : le régime réel et le micro-foncier. Le régime réel permet de déduire toutes les charges supportées pour le bien. Le micro-foncier s’adresse aux bailleurs percevant moins de 15 000 € de loyers par an (hors SCI) et applique automatiquement un abattement de 30 % sans justificatif.
Précisons les catégories de charges déductibles reconnues par la loi Pinel :
- Intérêts d’emprunt
- Frais de gestion
- Primes d’assurance
- Taxe foncière (hors ordures ménagères)
- Dépenses d’entretien et de réparation
- Provisions pour charges de copropriété
Si le total des charges dépasse les loyers encaissés, il se crée un déficit foncier. Ce déficit peut être imputé sur le revenu global, dans la limite annuelle de 10 700 € (hors intérêts d’emprunt). De nombreux investisseurs jouent sur ce levier pour alléger leur pression fiscale.
Les étapes clés pour déclarer ses charges et optimiser sa fiscalité
Avant toute démarche, rassemblez vos documents : contrats de prêt, attestations d’assurance, factures de travaux, relevés de charges de copropriété et avis de taxe foncière. Ces pièces servent de bouclier en cas de contrôle, car la précision et l’exactitude sont vérifiées au millimètre près.
La déclaration des revenus fonciers ainsi que la prise en compte des charges réelles sous régime réel s’effectuent via le formulaire 2044. L’année d’entrée dans le dispositif, l’engagement de location doit également figurer sur le formulaire 2044-EB. Enfin, la réduction d’impôt Pinel se déclare via le formulaire 2042-RICI.
Ces formulaires attendent des informations précises : date d’acquisition, nature du logement (neuf ou ancien rénové), durée d’engagement, localisation, identité du locataire. En cas de location à un proche, restez vigilant : la loi l’autorise à condition que le locataire ne soit pas inclus dans votre foyer fiscal.
S’organiser, c’est aussi savoir quand réaliser un entretien ou une réparation afin d’optimiser la déduction des charges, veiller à ce que la première location ait lieu dans les temps, et surveiller de près les plafonds réglementaires pour conserver son avantage fiscal.
Ressources pratiques pour aller plus loin sur les impôts et déductions Pinel
La fiscalité de l’investissement locatif avec le dispositif Pinel ne laisse pas de place à l’approximation. Toute la mécanique repose sur une déclaration rigoureuse via les formulaires 2044, 2044-EB et 2042-RICI. Le 2044 permet de détailler les revenus fonciers et de déclarer les charges, le 2044-EB engage le bailleur sur la durée et le respect de la location, le 2042-RICI sert à obtenir la réduction sur l’impôt.
Des notices accompagnent chaque étape afin d’éviter les fausses notes. Ces documents apportent des précisions différentes selon le type de bien et la situation :
- Notice 2044 : explique en détail toutes les charges pouvant être déduites (intérêts, gestion, assurance, taxe foncière, provisions, travaux…).
- Notice 2044-EB : décrypte les plafonds de loyers et de ressources, les zones ciblées, la bonne durée d’engagement.
- Notice 2042-RICI : présente les modalités de calcul du montant de la réduction (taux, base, calendrier d’éligibilité).
Les guides édités par la direction générale des finances publiques permettent d’éclairer les différences entre le régime réel et le micro-foncier, les règles du déficit foncier et les conséquences d’un écart vis-à-vis des engagements souscrits. Chaque printemps, les plafonds et taux applicables sont révisés et publiés pour clarifier la marche à suivre.
Solliciter un professionnel, expert-comptable, conseiller en gestion patrimoniale, reste souvent judicieux pour naviguer dans la complexité du Pinel, du Pinel+ ou du Denormandie. Ceux qui s’informent, s’outillent et respectent le calendrier partent avec plusieurs longueurs d’avance. Sur le marché tendu de la défiscalisation immobilière, le détail fait souvent basculer l’issue : réussir ou sortir du jeu.


